Gabon–Guinée équatoriale : Libreville et l’Union africaine accélèrent la mise en œuvre de la décision de la CIJ

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le lundi 27 avril 2026 à Libreville l’envoyé spécial de l’Union africaine, Albert Shingiro, pour une première séance de travail consacrée à l’application de l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice dans le différend frontalier opposant le Gabon à la Guinée équatoriale.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la médiation engagée par l’Union africaine afin d’accompagner les deux États dans la mise en œuvre de la décision rendue le 19 mai 2025 par la juridiction internationale. Nommé fin mars 2026 par le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, Albert Shingiro est chargé de piloter ce processus délicat, à la fois juridique et diplomatique.
Autour du chef de l’État gabonais, des experts techniques ainsi que d’anciens responsables publics ont été mobilisés pour nourrir les échanges et structurer une réponse concertée. Objectif : éviter toute crispation et privilégier une approche méthodique, conforme au droit international.
Vers un mécanisme opérationnel de délimitation
Au cours des discussions, l’émissaire africain a présenté les grandes lignes d’un dispositif d’accompagnement visant à traduire concrètement la décision de la CIJ sur le terrain. Parmi les pistes évoquées figurent l’élaboration d’une feuille de route conjointe, la création d’un mécanisme technique dédié à la délimitation, ainsi que le lancement progressif des opérations de démarcation des frontières.
La désignation de points focaux nationaux, chargés d’assurer la coordination entre Libreville et Malabo, fait également partie des priorités identifiées. L’enjeu est de garantir une mise en œuvre fluide, en limitant les zones d’interprétation et les risques de tensions.
Les échanges ont en outre abordé la question sensible des îles de Mbanié, Conga et Cocoteros, au cœur du différend. Au-delà du règlement juridique, les deux parties envisagent la possibilité d’un cadre de coopération transfrontalière, susceptible de renforcer les relations bilatérales sur le long terme.
Diplomatie et stabilité régionale en ligne de mire
Cette initiative traduit une volonté partagée de privilégier le dialogue et d’inscrire le règlement du contentieux dans une dynamique de stabilité régionale. En recevant l’envoyé spécial de l’UA, le président gabonais a réaffirmé son attachement à une solution pacifique, respectueuse des engagements internationaux.
Dans un contexte où les questions frontalières demeurent sensibles en Afrique centrale, la mise en œuvre effective de la décision de la CIJ apparaît comme un test pour la diplomatie régionale. Elle pourrait, si elle est conduite de manière consensuelle, servir de référence en matière de gestion pacifique des différends territoriaux sur le continent. Reste désormais à transformer les orientations discutées en actions concrètes, dans un processus qui exigera rigueur, coordination et volonté politique des deux côtés de la frontière.



